Gestion des identités fédérée dans l’enseignement primaire et secondaire
Découvrez comment la fédération des identités modernise les workflows informatiques, simplifie l’expérience de tous les acteurs et protège les établissements d’enseignement primaire et secondaire.
Qu’est-ce que la fédération des identités ?
Avant de répondre à cette question, voyons ce que nous entendons par « identité ». Une identité est constituée d’attributs vérifiables qui définissent une personne de manière unique dans un réseau. Quelques exemples courants :
- Informations personnelles identifiables (nom, date de naissance, numéro d’identification)
- Données biométriques (empreinte digitale, scan facial, échantillon vocal)
- Artéfacts numériques (mots de passe, codes PIN, certificats)
- Analyse comportementale (adresse IP, géolocalisation, heure de la journée)
Les identités résident dans le réseau ou le système qui les a créées et vérifiées. La fédération, quant à elle, permet aux identités d’une organisation d’accéder en toute sécurité aux ressources d’une autre sans créer de nouvelles identités sur chaque système ou réseau.
La question des identités dans l’enseignement primaire et secondaire
Pour les acteurs malveillants, Le secteur de l’éducation représente une cible de grande valeur. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- Des trésors de données : les établissements conservent souvent des données sensibles et confidentielles.
- Des ressources limitées : les technologies sont anciennes, les équipes informatiques sont surchargées et les budgets sont restreints.
- De nombreux comptes orphelins : les comptes qui restent actifs après leur fin de vie sont des points d’entrée potentiels pour les pirates.
- Vulnérabilité à l’ingénierie sociale : l’hameçonnage est le vecteur de menace numéro un et la première porte d’entrée des adversaires.
Les défis du secteur de l’éducation primaire et secondaire
L’éducation est au septième rang des dix secteurs les plus ciblés par les pirates. Pourtant, elle occupe la deuxième place du classement selon le rapport entre le nombre total d’incidents et le nombre de violations effectives avec 79 % d’attaques réussies, juste derrière le secteur de la santé (90 %). Selon le rapport sur les enquêtes sur les violations de données de 2025 publié par Verizon, le secteur de l’éducation a connu 1 075 incidents, dont 851 ont donné lieu à des divulgations de données confirmées.
Dans cet article, nous nous intéressons aux défis que la fédération d’identité permet de relever dans le secteur de l’éducation primaire et secondaire.
Se développer sans budget
L’adoption des appareils informatiques dans l’enseignement primaire et secondaire découle d’une série d’initiatives : efforts pour l’équité d’accès des élèves ayant des besoins particuliers, recours aux tests informatisés pour les examens à fort enjeu et programmes de réduction de la fracture numérique basés sur la distribution d’appareils individuels. L’adoption de ces nouveaux outils ne concerne pas seulement les élèves ; elle s’étend aux enseignants et au personnel, qui accomplit désormais toutes les tâches de notation, de suivi de l’assiduité et de tenue des dossiers au format numérique, et souvent dans le cloud.
Mais la multiplication des appareils, des identifiants et des applications alourdit la charge des équipes informatiques qui ne parviennent pas à répondre aux besoins croissants des collectivités scolaires.
Fragmentation de l’accès
Pour répondre aux besoins des élèves là où ils se trouvent, la technologie doit franchir les frontières sans aucune friction. Ils doivent en effet pouvoir accéder aux outils d’apprentissage en dehors de l’école aussi facilement qu’en classe.
Les appareils qui offrent une expérience utilisateur incohérente représentent un obstacle majeur à l’apprentissage à distance Lorsqu’il faut se souvenir d’un mot de passe pour se connecter à son appareil, d’un autre pour le courrier électronique, d’un troisième pour accéder au portail d’apprentissage et d’une demi-douzaine d’autres pour toutes les applications web, les utilisateurs frustrés multiplient les demandes d’assistance et de réinitialisation.
Et nous ne parlons même pas des risques pour la sécurité des données qu’entraîne l’utilisation de mots de passe non standardisés.
Le chaos des outils tiers
Il faut en effet savoir que le marché des logiciels éducatifs couvre de nombreuses catégories de produits, allant des cas d’utilisation spécifiques, comme AutoCAD, à des systèmes complets de gestion de l’apprentissage (LMS). En 2022, les écoles primaires et secondaires utilisaient en moyenne 72 applications différentes. Outre le risque de conformité que nous évoquerons plus loin, l’impact sur l’expérience des utilisateurs et la sécurité des données est considérable.
Chaque application exige ses propres identifiants, qui s’ajoutent à ceux nécessaires pour se connecter aux appareils. Pour les enseignants et les élèves, c’est une charge mentale excessive qui entraîne des retards et les contraint à faire appel à l’assistance, elle-même débordée.
La complexité de la conformité
En raison de la diversité et de la quantité de données sensibles que manipule le secteur de l’éducation, le secteur de l’éducation primaire et secondaire est soumis à d’importantes réglementations. Selon les modalités de fonctionnement de l’établissement, sa localisation et l’endroit où ses applications web sont hébergées (dans un centre de données de l’UE, par exemple), elle peut être soumise à des lois qui encadrent :
- L’accès aux dossiers des étudiants (FERPA)
- La protection de la confidentialité en ligne (COPPA)
- Le traitement des enregistrements de données (RGPD)
Comme si cela n’était pas assez complexe, sachez qu’il faut désormais être en mesure de prouver qu’un appareil, des groupes d’appareils ou des comptes étaient conformes pendant une période donnée, notamment dans le cadre d’un audit interne d’évaluation des risques.
Gérer l’accès des parents
Avec la transformation numérique, la visibilité des parents est devenue une source de risque pour les données. Les réunions formelles parents-enseignants et les bulletins trimestriels ont cédé la place à un suivi en temps réel, accessible en quelques clics.
Le problème n’est plus de savoir comment accorder les accès nécessaires aux parents, mais plutôt de veiller à ce qu’ils ne sortent pas du périmètre autorisé.
Conformément au principe du moindre privilège, qui consiste à n’accorder aux utilisateurs que l’accès nécessaire à leurs tâches, les élèves ont accès aux ressources dont ils ont besoin pour apprendre, les enseignants disposent des outils nécessaires pour faire cours et les parents peuvent consulter des informations sur les résultats scolaires de leur enfant, ni plus, ni moins.
La solution traditionnelle
Le mot « traditionnel » désigne ici une approche manuelle de la gestion de chacun de ces défis. Avec les anciennes pratiques de gestion, les équipes informatiques doivent intervenir physiquement sur l’appareil pour chaque défi.
Scénario : le service informatique est responsable de 100 comptes, dont chacun doit être configuré manuellement sur un appareil et attribué à un élève.
- Périmètre : 30 élèves obtiennent leur diplôme, 70 passent dans la classe supérieure et 30 nouveaux inscrits arrivent dans l’établissement.
- Accès : 30 comptes doivent être marqués comme inactifs, les permissions évoluent pour 70 élèves et 30 nouveaux comptes reçoivent de nouvelles permissions.
- Applications : il faut récupérer les licences des comptes inactifs, et ajouter ou modifier les attributions d’applications pour les comptes actifs.
- Conformité : il faut auditer chaque appareil et chaque compte d’élève pour obtenir des preuves de conformité à un moment spécifique.
- Parents : chaque compte de parent lié à un élève inactif doit également être désactivé. Des permissions doivent être ajoutées ou modifiées pour chaque compte de parent lié à un compte d’élève actif.
Résultat : « Peut mieux faire »
Bien que le rapport entre l’effectif de l’équipe informatique et le nombre d’appareils soit relativement faible (1 pour 100), chaque changement :
- Doit être fait manuellement.
- Nécessite la configuration des 100 appareils.
- Doit être effectué plusieurs fois pour chacune des cinq catégories.
Le fait que ce processus soit manuel peut avoir plusieurs effets néfastes :
- Ces tâches prennent plus de temps que nécessaire.
- L’exécution de tâches répétitives épuise les équipes.
- Des erreurs humaines peuvent se glisser dans les configurations.
- Des appareils peuvent être distribués avec des configurations incohérentes.
Et si un changement survient, l’arrivée ou le départ d’un élève par exemple, ou le remplacement d’un appareil, le service informatique doit à nouveau réaliser une grande partie de ces étapes. Dernier point, le processus n’est pas viable à grande échelle. En effet, si l’école accueille 200 élèves l’année suivante, ou si la construction d’un nouveau campus permet de créer davantage de classes, la charge des équipes informatiques va augmenter de manière exponentielle.
La solution de la fédération
En optant pour la fédération, le service informatique se libère des tâches manuelles liées à ces problèmes de configuration. Par son effet de centralisation, la fédération d’identité apporte une réponse à chacun des défis en misant sur l’efficacité et l’automatisme.
Scénario : identique au précédent.
- Périmètre : toute modification des comptes actifs est effectuée une seule fois grâce à l’automatisation ; les comptes inactifs sont automatiquement marqués comme tels au niveau de l’IdP.
- Accès : les élèves actifs reçoivent les autorisations nécessaires lorsqu’ils changent d’année ou que leur compte est créé, dans le cadre d’un processus normé. Les comptes inactifs restent inactifs. Des appareils individuels sont attribués aux élèves, mais ceux-ci peuvent se connecter à n’importe quel appareil avec leurs identifiants.
- Applications : les licences des comptes inactifs sont automatiquement récupérées ; les attributions d’applications des comptes actifs sont automatiquement modifiées.
- Conformité : les audits se font à partir de la console centrale, et non sur le point de terminaison.
- Parents : les comptes des parents sont liés de manière centralisée aux comptes des élèves. Lorsque tous les comptes d’élèves d’un parent deviennent inactifs, son compte le devient aussi automatiquement.
Résultat : « Félicitations du jury »
Que le ratio soit d’un informaticien pour 100, 1 000 ou 10 000 appareils, la charge de travail reste la même, car la fédération s’appuie sur l’IdP pour stocker et gérer les enregistrements de comptes. Grâce à cette centralisation, le service informatique peut :
- Effectuer toutes les modifications par lot plutôt qu’individuellement.
- Automatiser des modifications à l’aide de scripts, d’appels API et/ou d’intégrations avec le logiciel SIS.
- Utiliser le temps gagné et les compétences libérées pour créer des expériences technologiques de haut niveau.
La fédération profite à tous les acteurs de l’éducation. Par exemple :
- L’authentification concentre l’accès à toutes les ressources en un seul compte.
- L’accès basé sur le cloud simplifie l’expérience de connexion sur le campus et en dehors.
- Les identifiants sont normalisés pour répondre aux bonnes pratiques de sécurité modernes.
- Les appareils sont distribués, standardisés et configurés dans une optique de conformité.
En cas d’échange d’appareil, de départ d’un élève ou d’une arrivée, aucune configuration manuelle n’est nécessaire. Il suffit de remettre un nouvel appareil à l’élève : ses identifiants lui donneront les accès dont il a besoin pour commencer à apprendre immédiatement.
Comment fonctionne la fédération dans l’enseignement primaire et secondaire ?
Intégration des systèmes
Imaginez qu’un élève doive accéder à YouTube pour visionner une leçon, puis rédiger un compte-rendu. À la fin, il devra charger sa rédaction sur le compte Dropbox de son enseignant pour être noté. L’étudiant a besoin d’au moins quatre comptes pour faire ses devoirs : un pour se connecter à son ordinateur portable, et un pour chacun des trois services.
Avec la fédération, l’élève vérifie son identité à l’aide de ses identifiants scolaires à chaque étape de son workflow.
Relation de confiance
Pour accorder un accès sécurisé aux ressources stockées dans plusieurs organisations à l’aide des mêmes identifiants, il faut d’abord établir une relation de confiance entre le demandeur qui maintient l’identité (IdP) et le fournisseur de la ressource demandée.
Globalement, la confiance s’établit comme suit :
- Demande : une partie prenante demande à un fournisseur de service l’accès à une ressource.
- Redirection : le prestataire de services redirige la demande vers l’IdP de confiance.
- Authentification : l’utilisateur s’authentifie auprès de l’IdP à l’aide de ses identifiants.
- Jeton : une fois la vérification effectuée, l’IdP génère un jeton signé cryptographiquement qui atteste de l’identité de l’utilisateur.
- Accès : le jeton est transmis au fournisseur de service. Après vérification, l’utilisateur reçoit l’accès à la ressource demandée.
Qu’en est-il des plateformes incompatibles avec la fédération ?
Les applications et services incompatibles avec les protocoles modernes (SAML/OAuth/OIDC) utilisés pour échanger en toute sécurité des données d’authentification et d’autorisation entre les IdP et les fournisseurs de service peuvent et doivent toujours être sécurisés à l’aide de l’authentification par réseau « zero trust » (ZTNA).
C’est le cas pour les applications et services qui n’offrent pas de voie directe vers la fédération ni d’API exploitable par les développeurs. En établissant un accès sécurisé à la ressource grâce à l’approche ZTNA, le service informatique obtient plusieurs garanties :
- L’authentification est obligatoire et doit se faire à l’aide d’identifiants gérés.
- L’état de l’appareil est vérifié à chaque fois, ce qui réduit la surface d’attaque.
- Les politiques sensibles au contexte réduisent les risques liés à un accès non autorisé.
- Les parties prenantes n’ont accès qu’à ce qui est nécessaire (contrairement aux VPN classiques).
- Chaque identifiant, chaque appareil et chaque demande sont enregistrés à des fins d’audit de conformité.
Intégration des appareils Apple
Concernant l’intégration des appareils, Jamf prend nativement en charge les technologies Apple qui simplifient et étendent la fédération d’identités pour que la priorité reste l’enseignement et l’apprentissage, et non le dépannage.
Jamf for K-12
La fédération des identités permet aux écoles primaires et secondaires de se libérer des tâches de gestion manuelles pour adopter des processus évolutifs et sécurisés. Avec Jamf comme base, la gestion centralisée des identités et l’automatisation du cycle de vie réduisent les risques, renforcent la conformité et font gagner un temps précieux aux acteurs de l’éducation.
Le résultat : une expérience simple et cohérente, et l’accès à des ressources numériques qui appuient l’enseignement, protègent les données et préservent la continuité de l’apprentissage.
Jamf libère et autonomise les élèves et les enseignants en assurant la gestion des appareils, des identités et de la sécurité en arrière-plan.